À partir de la note doctrinale publiée par le Cigref en juin 2026, cet article propose de revenir sur une confusion devenue centrale dans le débat numérique : que désigne réellement la « souveraineté numérique » lorsqu’elle est appliquée à un État, à l’Union européenne, à une entreprise, à un fournisseur ou à un simple outil technique ? En distinguant souveraineté, autonomie stratégique, résilience, indépendance technique et maîtrise des dépendances, l’enjeu n’est pas de jouer sur les mots, mais de mieux comprendre les responsabilités de chacun : l’État et l’Europe lorsqu’il s’agit de décider, réguler, investir et protéger ; les organisations lorsqu’elles doivent assurer leur continuité d’activité ; les citoyens et les acteurs économiques lorsqu’ils cherchent à reprendre prise sur leurs choix numériques. Cette clarification permet aussi d’interroger un paradoxe : comment parler de souveraineté numérique européenne dans une Union composée d’États aux intérêts parfois divergents ?
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