• Avant d’entrer dans le vif de ce test, je veux d’abord vous remercier. Vous êtes de plus en plus nombreux à m’écrire, à me solliciter, à m’interpeller. Si je ne réponds pas encore à chacun, ne vous en inquiétez pas : je le ferai.
    Depuis quelques semaines, les messages affluent, toujours portés par une curiosité sincère et une bienveillance rare. Intellectuellement, c’est précieux. Cela me rappelle, pour les plus anciens d’entre nous, l’esprit des clubs informatique des années 90/2000 : des échanges passionnés, des idées qui circulent vite, des rencontres inattendues. J’y ai déjà fait de très nombreuses rencontres, beaucoup par téléphone, mais aussi grâce à Visio de la DINUM, via LaSuite, qui s’est révélée aussi pratique qu’agréable à utiliser.

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  • Cette interview est proposée ici en traduction, à partir d’un échange initialement publié en anglais sur Escape Forward, de Cristina Caffarra, sous le titre “Innovation Continent: Europe’s Leap Forward”.

    Cristina Caffarra est une économiste reconnue, mais aussi une figure engagée des débats européens sur la politique numérique : elle est notamment cofondatrice du mouvement EuroStack et présidente de la fondation liée à cette initiative, dédiée à la souveraineté technologique européenne.

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  • Alors que l’Europe, sous l’impulsion conjointe de la France et de l’Allemagne lors du Sommet sur la Souveraineté Numérique Européenne à Berlin, renforce la structuration de sa souveraineté numérique à travers un ensemble de cadres réglementaires, de projets législatifs et d’initiatives politiques comme le Cloud Sovereignty Framework de la Commission européenne (octobre 2025), les propositions autour d’un Eurostack, le projet de Cloud and AI Development Act (CADA), la Data Union Strategy présentée en novembre 2025, ainsi que la révision attendue des directives sur les marchés publics, un rapport de 32 pages de l’Atlantic Council vient jeter un pavé dans la mare transatlantique.

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  • D’habitude, ici, je parle d’outils, de solutions, de briques techniques. Cette fois, je veux parler d’une personne. Parce qu’il existe, dans le paysage français, des voix qui font du bien à la souveraineté numérique pas par posture, mais par lucidité, par cohérence, par capacité à embarquer. Quentin Adam est de celles-là.
    J’ai pour lui un profond respect : Je le trouve brillant, et sa façon d’embarquer, d’éclairer, de faire comprendre, sans tomber dans la simplification est trop rare chez nous (les derniers à m’avoir fait cet effet étaient Tristan Nitot et Tariq Krim).

    Cet article est donc une mise en lumière, modeste, mais volontaire et aussi une réponse à son appel : celui de ne plus laisser le sujet de la souveraineté aux seuls lobbies et aux seules incantations.

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  • Cela fait plusieurs années que je m’intéresse à la souveraineté numérique. Et depuis 2025, je perçois une évolution et pas des moindres. Pour la première fois, quelque chose se dessine avec une maturité assumée. Il manque encore quelques couches : du marketing, de la politique, une vision pleinement assumée, un récit. Mais je le dis sans détour : J’ai le sentiment que, cette fois, les fondations sont bel et bien en place.

    Ce constat est de plus en plus partagé, mais il reste encore une dernière étape pour y arriver.

    La souveraineté numérique n’est plus un luxe, c’est une nécessité […] Il ne s’agit pas seulement de lignes de code, mais aussi de lignes de sens, et notre travail est au service du bien public, pas seulement du secteur public.

    Julie Ripa

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  • Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit rappel de contexte : j’ai déjà publié un test complet d’une solution alternative qui s’appuie elle aussi sur LaSuite, avec mosa.cloud.
    Ici, l’objectif est différent : je ne vais me concentrer que sur quatre services : Docs, Drive, Meet et Conversation qui correspondent à des briques LaSuite, et que j’ai déjà présenté plus largement ici.

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  • Introduction et méthodologie

    La souveraineté numérique est désormais un thème omniprésent dans le débat public. Beaucoup s’en revendiquent, avec des niveaux très différents de précision et d’exigence et, sur le fond, c’est plutôt une bonne chose : mieux vaut tard que jamais, et le fait que les responsables politiques se saisissent enfin du sujet mérite d’être salué, même si ce réveil arrive après des années de dépendance.

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  • Comme beaucoup, j’ai longtemps vécu dans l’écosystème Microsoft Office 365 puis, selon les contextes, dans celui de Google Workspace. Pas par préférence, mais par obligation ou nécessité : quand il faut un webmail qui tient, un drive qui synchronise, un chat qui ne tombe pas, un agenda qui invite, et une visio qui marche “3 clics et c’est parti”, on ne peut pas passer à côté des « standards » dominants.

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  • Si vous me lisez régulièrement, vous le savez : j’aime beaucoup LaSuite et je lui ai d’ailleurs consacré pas mal d’articles :

    Alors pourquoi en reparler ? Parce que c’est l’une des rares fois où je constate qu’il est en train de se passer quelque chose de concret.

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  • Avant de parler de LaSuite, rappelons qu’il existe déjà des alternatives crédibles à Google Workspace ou Microsoft 365 Copilot : par exemple OnlyOffice (en direct ou via des intégrations dans des solutions comme Nextcloud) et des suites chiffrées comme CryptPad.

    Mais ici, je veux m’attarder sur un objet singulier : une suite collaborative opérée par l’État, pensée d’abord pour les agents publics, et qui assume clairement une ambition « souveraine » et « open source« . Cette suite est portée par la DINUM (Direction interministérielle du numérique). Et, depuis 2024, elle s’inscrit aussi dans une dynamique franco-allemande d’alignement/interopérabilité avec l’écosystème allemand (ZenDiS / openDesk).

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  • Pendant des années, mon réflexe a été simple : Google Traduction. Rapide, omniprésent, “suffisant”. Puis, à force d’écrire, de produire, de traduire des contenus un peu plus exigeants, je suis passé à DeepL, essentiellement pour une raison : la qualité. Dans beaucoup de cas, DeepL faisait mieux que Google, surtout sur les tournures, le style, et cette sensation que la phrase “sonne” plus juste.

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  • J’ai beaucoup utilisé Google Workspace. Et depuis longtemps. Dans cette suite, il y a deux outils que j’utilisais presque tous les jours : Google Docs et Google Sheets.

    Avec le temps, j’avais même réussi une petite victoire personnelle : me débarrasser de Word et d’Excel dans la majorité de mes usages. Enfin, une « victoire personnelle », tout est relatif, car concrètement je n’ai fait que remplacer un vieux GAFAM par un nouveau GAFAM … Finalement, retour à la case départ.

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  • J’ai commencé simplement : installer La Suite – Docs sur mon serveur YunoHost. Parce qu’au fond, c’est exactement le genre de promesse qui m’intéresse : des outils ouverts, réutilisables, pensés comme des communs numériques, et portés par une équipe publique qui assume clairement l’objectif de souveraineté.

    Et puis, en creusant, je découvre qu’il existe aussi l’outil de visioconférence : Visio côté La Suite… et, côté YunoHost, un package baptisé La Suite – Meet (qui correspond à Visio). Donc forcément : je l’installe.

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  • Comme vous avez pu le lire sur ce site, je suis à la recherche d’un outil d’édition collaborative qui coche deux cases souvent incompatibles dans le monde réel : usage moderne (édition temps réel, partage, invitations) et cohérence “souveraineté” (auto-hébergement, briques libres, logique de commun numérique). Dans l’écosystème français, La Suite porte précisément cette ambition : une collection de communs numériques conçus pour le secteur public et réutilisables par tous.

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  • Quand on commence à s’auto-héberger, on joue d’abord avec des services pratiques : photos, favoris, Mastodon, etc. Puis, un jour, la réalité tombe :

    “Et si ce serveur tombe demain, je perds tout.”

    C’est à peu près à ce moment-là que j’ai décidé de m’attaquer sérieusement au sujet des sauvegardes. Et comme d’habitude, rien ne s’est passé comme prévu.

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  • Pendant longtemps, Umbrel a été “assez bon” pour mon homelab.
    Puis la migration Umbrel vers YunoHost est devenue inévitable.

    Ce texte, c’est le deuxième épisode de l’histoire commencée avec mon OptiPlex et Umbrel, celle que je racontais dans « De l’OptiPlex au web souverain : récit (très) personnel d’un serveur maison ».
    Sauf que cette fois, on parle de ce que tout le monde redoute : changer de « stack« , casser des choses, réinstaller, douter… et recommencer.

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  • Depuis que je me suis lancé sérieusement dans la souveraineté numérique, la question du courriel revenait en boucle :
    faut-il tout de suite auto-héberger ses mails, ou rester chez un service “clé en main” ?

    Après avoir cherché (trop) longtemps “le bon” service, j’ai aujourd’hui un équilibre qui me va bien :

    • mon courriel principal reste chez Proton Mail,
    • et j’ai commencé en parallèle des tests d’auto-hébergement sur un serveur YunoHost, avec un domaine dédié uniquement à ces essais.

    Cet article n’est pas un tuto exhaustif, mais un retour d’expérience détaillé : pourquoi je ne bascule pas tout de suite, comment j’ai mis en place ce serveur mail, et ce que j’en retiens.

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  • Je cherchais une alternative à la suite Google (Docs, Sheets, Forms…) et j’ai voulu donner sa chance à CryptPad, d’abord en ligne, puis en auto-hébergement sur mon serveur YunoHost.
    Voici mon retour d’expérience :

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  • Il y a des dimanches où l’on veut faire simple… et où l’on finit par apprendre beaucoup. Mon objectif initial : monter une instance GoToSocial : légère, minimaliste, l’idée me plaisait. Sauf que l’installation a buté : dépendances, service qui ne démarre pas proprement, bref : la joie des détails qui coincent. Après quelques heures à tirer le fil, j’ai décidé de changer de voie : cap sur Mastodon.

    Résultat : mon instance Mastodon tourne, et j’y ai déménagé mon ancien compte. Le transfert s’est passé comme sur des roulettes : followers redirigés, identité intacte, et me voilà chez moi (sauf pour mes publications que je n’ai pas réussi à transférer, donc passage par une republication de l’intégralité de mes messages manuellement et je pense que je n’ai pas encore bien compris cet aspect du Fediverse).

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  • Billet d’humeur

    Hier, j’ai fait ce que font tous les gens raisonnables, avec un certain budget et/ou curieux quand la fibre arrive à la maison : j’ai voulu nettoyer, optimiser, pousser la vitesse sur mon réseau local. J’avais un vieux routeur Linksys en Wifi 6, acheté en 2022. L’idée était simple : tirer enfin parti des débits que m’offre maintenant la fibre, chasser les goulots, remettre d’équerre le réseau local. Une nouvelle carte réseau 2,5 Gb, un routeur à jour : passer au wifi 7, règles du pare-feu plus robustes, et profiter d’une meilleure vitesse de transfert entre mon NAS et les machines connectées de mon réseau. Bref, rien d’exotique.

    Et là, claque familière : hier encore, pour ce genre de matériel grand public mais solide, je piochais chez D‑Link, Linksys, ou Netgear. Aujourd’hui, je cherche, je compare, je lis les forums, je scrute les recommandations… et je retombe partout sur la même conclusion : TP‑Link. L’interface a mûri et n’a plus rien d’une mauvaise blague, les composants font le travail, les fonctions avancées débarquent dès le milieu de gamme, la stabilité suit, et le tout s’affiche à un prix qui plie la concurrence. Même ChatGPT, ou Mistral vous y ramènent, recherche approfondie à l’appui.

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  • Ou comment j’ai installé mon propre serveur, ce que j’ai raté, ce que j’ai compris, et pourquoi je persiste.

    Prologue : un vieux PC, une idée fixe

    Tout est parti d’un OptiPlex repéré sur leboncoin pour un prix abordable (moins de 50€). Une machine modeste, économe, mais avec ce qu’il faut d’évolutivité pour devenir le cœur d’un homelab. J’ai changé le CPU, gonflé la RAM à 32 Go, fait l’inventaire des ports et des contraintes thermiques, rêvé d’IA locale avant de revenir sur Terre. L’objectif n’était pas de battre des records : reprendre la main, pas à pas, sur mes usages numériques.

    J’ai hésité avec une carte graphique dédiée et une alimentation plus costaude pour héberger un LLM local. Après tests, le verdict a été sans appel : consommation électrique trop élevée, vitesse pas au rendez-vous, charge système disproportionnée pour mon usage. J’ai décidé, provisoirement, de déléguer l’IA à des services en ligne, Mistral, ChatGPT ou Lumo, et de concentrer mon énergie sur ce qui ferait une vraie différence au quotidien : l’auto-hébergement.

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  • Mozilla a annoncé la fermeture de Pocket le 8 juillet 2025
    Pour moi, c’est la fin d’une époque. J’utilise Pocket depuis 2007 (anciennement Read it Later), bien avant son rachat par Mozilla la même année. Ce service d’enregistrement d’articles et de pages web à lire plus tard était devenu un outil incontournable de mon quotidien numérique. Voir Pocket (aussi connu sous le nom GetPocket) s’arrêter m’a obligé à chercher une solution de remplacement. Plutôt que de me tourner vers un énième service propriétaire aux perspectives incertaines, j’ai vu dans cette transition forcée l’occasion d’adopter une approche plus pérenne : opter pour une alternative open source et, si possible, auto-hébergée.

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  • Depuis plusieurs années, je mène une réflexion approfondie sur la souveraineté numérique et j’expérimente différentes solutions pour reprendre le contrôle de mes données en ligne. Cet article inaugure une série de billets où je partagerai mes expériences et réflexions sur ce sujet. Pour commencer, je vais raconter comment j’ai pris conscience de la nécessité d’une autonomie numérique à travers mon usage du courriel – le tout premier service en ligne qui m’a fait ouvrir les yeux. Spoiler : j’ai fait un long chemin, de Gmail vers des alternatives plus respectueuses de ma vie privée, et ce n’est que le début. D’autres articles suivront pour explorer d’autres pans de notre vie numérique.

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  • Je tiens à garder l’anonymat dans ce partage d’expériences, car je crois fermement que la protection de l’identité personnelle est un pilier fondamental de la souveraineté numérique. Dans un monde où les données personnelles sont constamment collectées, analysées et souvent exploitées, choisir de ne pas divulguer mon identité est un acte délibéré pour protéger ma vie privée. Cela me permet également de me concentrer sur le message plutôt que sur la personne, évitant ainsi tout biais ou jugement personnel qui pourrait détourner l’attention des véritables enjeux de la souveraineté numérique.

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